De Aux Savoirs de Kersis'kal
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Zaid Aidan Akkad
Zaid.png
1214 - 1254
(disparu-e à l'age de 40 ans)
Identité
Nom: Zaid Aidan Akkad
Race: Humain
Origine et Famille
Frères et sœurs: Salim Aidan Akkad
Origine : Sultanat des Akkanides
Originaire des Sultanats mogrims
Allégeances
Membre des Apôtres de Kandorya
Membre de la Confrérie des Apôtres de l'Amour Prochain
Rang & Renommée
Titre(s): Membre de la famille royale Akkadine
Philosophie, foi et croyances
Ap San de l' Amour Prochain
Hors-jeu
Compte wiki : zaid aidan akkad
Type: Personnage Non-Joueur
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Archives
La page que vous consultez concerne un personnage, un groupe ou un territoire disparu.

Avant Kandorya

Paix et amour, frère ! Asseyez-vous, prenez vos aises, je vais vous conter mon histoire. Elle n’est pas glorieuse comme celle que pourrez vous conter les fiers barbares du l’est, ou si aventureuse que celles de ces coquins des mers, mais elle a le mérite d’être la mienne !

Je me nomme Zaid Aiddan Akkad. Ma jeunesse ne vous éclairera pas d’avantage qu’elle m’a inspiré à être ce que je suis et où je suis aujourd’hui. Premier fils du sultan Mansour Aiddan Akkad, de la grande lignée des Akkadine, mes souvenirs enfantins se mêlent aux parfums sucrés des dattes et du miel et de l’ombre rafraîchissante des couloirs serpentant le palais familial au cœur même du désert de Medjay.

Je fus élevé par une esclave, aussi noire que la nuit et au parfum si envoûtant que même mon père, pourtant si dur et si fier, se laissait succomber, comme nous tous, à la douceur de sa poitrine voluptueuse.

Nisha, telle était son nom, m’apprit qu’avant d’être capturée, elle était ce qu’on appelait « un apôtre de l’amour prochain » et avait voyagé à travers le monde. Chaque soir, elle nous contait, mes frères, mes cousins et moi, ces aventures pour nous endormir. Et chaque soir, nous étions accrochés à ces seins et à ces mots, pour entendre qui d’un combat contre un géant sanguinaire, qui d’une découverte d’un temple perdu, qui d’une rencontre avec une peuplade étrange et exotique.

Les années passèrent, et, le soir, je n’étais plus que le seul spectateur de ces grandes épopées fantastiques réelles ou imaginaires. Mon adolescence était déjà à son crépuscule, et les seins de Nischa ressentaient la douleur de la pesanteur. Le charme enchanteresque de ces légendes s’estompait au même rythme que ma connaissance du monde et des préceptes « des apôtres » s’affutait.

Ces dernières histoires devenaient de plus en plus confuses. Elle mélangeait son passé et mon futur, ma destinée et la sienne. Elle ne cessait de répéter qu’il ne pouvait en être autrement, que Kandorya m’appelait, et qu’il était de mon devoir « d’apôtre » de m’y rendre et d’y mourir. Elle ne finit jamais sa dernière histoire. Ce n’est qu’à son inhumation que j’appris qu’elle n’était nullement une esclave mais la chancelière de mon père et qu’elle avait fait le choix de vivre dans notre palais. Sa mort laissa un grand vide en moi, et tous les livres et parchemins que je pu dévorer au palais ne pu remplir ce désir de découvertes et de voyages.

A l’aube de mes 21 ans, je partis donc du palais douillet de mon enfance, non sans avoir demander l’autorisation à mon sultan de père, qui m’en fit grâce, pour réaliser à mon tour mes propres explorations. Nisha m'avait confié la clé de ma liberté qu'elle avait transmis tour à tour aux différents sultanats. Il était maintenant de mon devoir d'accomplir mon propre voyage.

Mon premier voyage m’entraîna dans un hostile territoire. Grand mal m’en prit car mes rencontres ne fut pas celles qu’en novice n’eut à découvrir pour ces premiers pas dans ce monde belliqueux. Un mage elfe, Kassender Daleuval, indigène de ce sombre royaume ne tarda pas à me ligoter et m’enfermer dans ces geôles. Trois ans durant, je fus son souffre-douleur, sa victime de ses plus affres tortures. Mes suppliques ne faisaient que réalimenter son imagination et son désir de souffrance. Mes compagnons d'infortunes semblaient aussi bénéficier des mêmes grâces de notre hôte, et notamment Abbas, le plus ancien locataire de cet inextricable hostellerie. Mes trois autres colocataires, dont je terrai le nom de part le respect que je leur porte, ne survivaient guère autant que moi aux assauts répétés des expériences de Kassender sur nos corps et nos âmes. Nous ne dûmes notre salut qu’à Ozarias, le sous fifre de ce Kassender, qui nous libéra. Nous profitâmes ainsi d’une nuit de cérémonie kabbalistique, enfin, ce que je cru comprendre vu les scènes et les hurlements qui me parvenait pendant notre fuite, pour nous enfuir. Abbas, notre compagnon en tua une bonne dizaine. Les assommer aurait suffit, mais il préférait les achever non sans un petit rictus satisfait.


Nous nous séparâmes à la lisière du royaume. Certains partir vers Sud, tenter d'essayer de rejoindre ce qu'ils appelaient les « enfants des Cendres ». Abbas parti de son coté, et j’espérai dans mon fort intérieur ne plus recroiser la route de cet infortuné et étrange compagnon de voyage, le destin en décida autrement.

J’ai ensuite passé ma vie à explorer notre monde, si grand et si magnifique. Je gravis les plus hautes montagnes que mes jambes pouvaient me porter, bien qu’elles ne soient pas plus grandes et solides que d’autres. J’explorais les bibliothèques du monde entier à la recherche de sciences et d’émotions. Je rencontrais des peuplades étranges et merveilleuses, tels les elfes que Nisha appelait « ienfilin » ou des nains des cavernes. J’ai d’ailleurs d’excellents souvenirs de ma vie parmi ces petits gens aux humeurs changeantes. Ma résistance aux liqueurs fortes me vient de cette plaisante expérience.

Mon voyage en terre Shinseiko fut tout aussi surprenante. Arrivé depuis peu, par la route des épices , je m'installa dans les quartiers gaijins, c'est à dire, étrangers. Les déplacements étaient devenus plus restreints aux étrangers depuis l'accession au pouvoir de la dynastie Seiko, je me lia d'amitié avec un autochtone du nom de Chow et d'un homme de l'ouest du nom de Kern. Ce dernier avait la singularité d'avoir une croix en brûlure au fer rouge sur la joue. Nous nous lançâmes dans un petit commerce de distillation d'alcool fort durant quelques années. Chow fut notre contact et notre secrétaire.

Deux ans plus tard, je fis le choix d'arrêter notre lucratif commerce et, les poches bien garnis, je repris ma route vers le sud. Chow accepta de m'accompagner pour découvrir le monde. Nous saluâmes Kern, et nous primes une caravane d’épices Mogrim. Chow prit la route de Trigan, et moi, intrigué par ce que l'on appelait « les nations Pirates », je préférais prendre la direction du port le plus proche pour tenter de croiser cet assemblage bigarrée de Patrie et de Chaos qui me fascinait. Le destin en décida autrement.

Mon dernier voyage en bateau m’emporta vers une terre si fantastique que les légendes de jadis n’en supportent guère la comparaison. Ne l’aurai-je pas vu de mes propres yeux, je n’eus pu croire qu’il existait un endroit tel que celui si. Parce que je n’avais pas compris comment je m’étais retrouvé là, il fallut ce qui me parut une éternité pour découvrir le chemin du retour. Mus par notre volonté, notre instinct de survie, et avec l’aide d’indigènes amicaux, trois compagnons et moi-même purent revenir jusqu’à chez nous, en dépit des dangers les plus grands.

Nous restâmes liés à jamais suite à cette expérience inimaginable.

Le plus grand gaillard d’entre nous ne m’était pas inconnu. Il avait partagé mon séjour dans les geôles de Kassender. Si à ma première rencontre, il ne m’avait laissé qu’un souvenir mitigé, notre dernier voyage me laissa une image d’un meneur homme accompli et déterminé. Naturellement, il devint pour moi notre protecteur, et semblait correspondre à ce que Nisha avait envisagé pour la suite de cette étrange histoire : « le Lion libéré de sa cage sera le protecteur ».

Mon second compagnon était moins expressif et était le plus acerbe de nous tous. Il appréciait la solitude, et préférait la compagnie des champignons et des sangliers. Bien que je ne le vis jamais faire la coure à un de ces porcins, il m’arrivait quelque fois de l’imaginer partager leur couche, tellement son odeur était similaire à la leurs. Il lui arrivait de passer des heures à admirer un excrément d’un quelconque animal avec la même passion que j’avais en écoutant la vieille Nisha conter ces histoires. Quelle merveille pouvons-nous trouver dans les déjections d’animaux ? Le fait d’avoir rencontrer tant de peuples exotiques me laissa croire que derrière ces abjects tas de fumiers, mon camarade devait communiquer avec un de ces ancêtres réincarné en selles.

Mon dernier camarade était quant à lui aussi maladroit et aussi gauche que moi. Il maîtrisait les armes de la guerre avec la même habileté qu’un ork pour le macramé couture. Mais, dés lors qu’il était question de nous recoudre après une morsure d’une de ces étranges créatures, il nous rapiéçait avec le savoir-faire d’un couturier des grandes dames. Son allure, son élégance et sa prestance, bien que tentant de le dissimuler, me portait à croire qu’il venait d’une haute noblesse d’un royaume qui ne m’était pas inconnu.

Au cours de cette aventure, je trouvais les vestiges d’un petit havresac, qui avait apparemment appartenu à un autre voyageur et qui avait été déchiqueté par des charognards à la recherche de nourriture. De tels sacs, même aussi abîmés, même vides, peuvent se révéler de grandes sources d’informations, la qualité des matériaux et de la fabrication peut donner des indices sur ces origines. Après l’avoir examiné, j’appris très peu du sac lui-même, mais à l’intérieur, je découvris un journal serré de lanières de cuir et protégé par les vestiges de plusieurs années des très respectés « bulletin d’histoires naturelles et fantastiques de Riversac,». Le contenu de ce journal est très important pour qui veut comprendre les périls et les merveilles de Kandorya, ce nouveau monde tout juste découvert. Ce même monde que la veille négresse m’avait enclin à rejoindre pour y mourir.

Nous ne pouvons qu’imaginer les horreurs qui assaillirent le vénérable Sallim Ibn Badouna, l’auteur original du journal. Où que son âme se trouve aujourd’hui, j’espère qu’il repose en paix maintenant que l’œuvre à laquelle il consacra sa vie a été découverte et qu’on lui accorde l’attention qu’il mérite. J’ai personnellement veillé à l’apprendre par cœur, mot pour mot, pour l’édification de tous ceux qui cherchent en ma compagnie, l’amour de la connaissance, pour tous ceux qui doutent de l’existence des merveilles de ce nouveau monde, mais plus encore important encore, pour tous ceux qui voudront explorer ces terres magnifiques et dangereuses, quand bien même, ils ne les visiteraient qu’en esprit.

Par hasard ou par destin, nos longues discussions durant cet incroyable aventure nous rapprochait sur un même son d’orgue : ces fameux « apôtres de l’amour prochain ». Chacun d’entre nous avions eu une expérience avec l’un de ces membres ou un de ces écrits. Mus par la même volonté de comprendre ce que le destin, ou la chance, ou les excréments de sangliers, souhaitait de nous, nous nous accordâmes pour rejoindre Honusis, la tour de lumière.

C'est au détour d'une rencontre d'une colonne de Mulkesh, que nous vîmes deux esclaves en piteux états. Le père et le fils semblaient aussi épuisés que mal en point. Les paroles de Nisha me revinrent, et les textes de Sallim traversèrent ma cervelle surchauffée. ...Le père et le fils. Les deux ailes de la Rose... Les pièces s'assemblaient. Ma petite fortune faite de ma période de distilleur sauta de mains en mains.

Un monastère de ces étranges apôtres nous attendait. J’ai ainsi partagé depuis peu leur mode de vie leurs us et coutumes si tant bien même il en existe tant la disparité des origines de cette communauté reflète la diversité des peuplades que j’eus la chance de découvrir pendant mes escapades.

Ces souvenirs de Kandorya et de destin funeste me revenait sans cesse. Est-ce un hasard si ma route a ainsi croisé en même temps ces « apôtres » et ce journal du vénérable Sallim Ibn Badouna ?

Est-ce aussi un hasard ou le destin, si ces fameux « apôtres » organisaient un voyage sans retour vers ce nouveau monde et qu’ils me proposèrent de me joindre à eux ? Je me rappelle des mots de cette vielle femme noire: « Kandorya t’appelle et ton devoir est d’obéir et d’y mourir».

Kandorya… Kandorya… Un nouveau monde entier à découvrir et à y mourir… un monde fantastique et funeste. Un monde de merveille et de danger. Qu’il en soit ainsi, si telle est ma destinée, je m’y plierai… je me sens maintenant prêt à sillonner mon fascinant tombeau et je suis heureux de la partager avec vous, chers compagnons.

Paix et amour, cher frère !