De Aux Savoirs de Kersis'kal
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Salim Aidan Akkad
né-e en 1233
(25 ans)
Identité
Nom: Salim Aidan Akkad
Race: Humain
Origine et Famille
Origine : Sultanat des Akkadines
Originaire des Sultanats mogrims
Allégeances
Membre de la Caravane Boubakar
Membre Indépendant
Rang & Renommée
Titre(s): Protecteur de Nizâr Al Mogrim
Membre de la famille royale Akkadine
Hors-jeu
Compte wiki : Mush
Type: Personnage Joueur
(modifier)


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Il était au dessus de moi… mon cœur battait la chamade… il tomba à terre, les yeux vitreux… je serrai dans ma main mon sabre qui venait de lui ôter la vie… Un filet de sang glissait le long de la lame… Le corps s’effondra sur le sol carrelé. Je n’arrivai pas à en croire mes yeux… Qu’avais-je fait ?! Qu’avais-je fais ?!

Je venais de le tuer de sang froid. Je ne suis pourtant pas un assassin.

Je ne suis qu’un fils de sultan. Un de ces « gosses de riche » comme on aime à se moquer… je suis Salim Aidan Akkad. Je suis le dernier des enfants du sultan Mansour Aidan Akkad.

Contrairement à mes grands frères, je n’ai jamais aimé les intrigues de palais, les grandes cérémonies fastidieuses, et les protocoles alambiqués du sultanat.

Mes 3 grands frères encore au palais accompagnaient toujours notre père aux rencontres avec les autres sultans et le Grand Mogrim. Je me devais de les y accompagner, mais je me lassais vite de ces discussions interminables sur les échanges commerciaux et des guerres en cours et à venir. Je me plaisais à me faufiler en dehors des palais et des cérémonies pour discuter avec les gardes, les marchands, les badauds, et mes amis du peuple.

Ma jeunesse touchant à sa fin, je m’étais fais un petit réseau d’amis, tous issus des couches populaires du sultanat. Dès la nuit tombée, je quittais discrètement le palais pour les retrouver. Ce fut les plus belles années de ma vie ! Boughour, notre mastodonte, qui jouait le rôle de leader et de grand frère, Rakim, le Karkoubine, aussi futé que vilain, sa peau était ressemblait à celle des serpents qu’on vénérait dans son sultanat d’origine, et surtout Aïchatou… qu’elle était belle !! Qu’elle était libre !! Une vraie lionne ! Nous nous amusions à boire toutes les nuits, et à critiquer le monde, et notamment le sultan et ses sbires… bien sur, nul ne connaissait mon origine sultane. Il ne me connaissait que sous mon prénom « Salim », et cela m'allait très bien comme cela. Ces rencontres étaient un vent de fraîcheur pour moi, et je ne souhaitais pas les gâcher. Ce n’est que lorsque j'atteignis 15 ans que les choses s’accélérèrent.

Au palais, tout s’agitait. Mon père multipliait les rencontres et les consultations. Les amis aussi étaient d’humeur tendus et bavards. Les informations et les actualités se croisaient. Le Grand Nazir était revenu de cette île nouvellement découverte, "Kandorya" et apportait dans ses bagages un nouveau culte, celui du Dragon. Le grand conseil de la cité Mogrim avait refusé l’implantation de ce culte, jugé impie. Le sultanat des Karkoubines, avait, lui, d’ores et déjà salué l’arrivée de ce nouveau culte, et c’était joint au Nazir. Mes trois compagnons voyaient dans cette nouvelle religion, la fin des cultes païens et anciens, et l’arrivée d’une nouvelle époque pour l’Aire Mogrim. Du coté du palais, mon père et 2 de mes grands frères semblaient confus dans cette révolution religieuse. Le sultanat des Akkadines était toujours resté fidèle au Nazir, mais les valeurs traditionnelles que défendait le sultan entraient en contradiction avec ce grand bouleversement.

Pour ma part, je n’avais pas d’avis tranché, mais je me laissais tenter à écouter attentivement l’avis de mes amis. Mon avis devint tranché quand mon grand frère, Yanisse, engagea mon père dans la voie du traditionalisme et du rejet du culte du Dragon. Il n’était pas mon plus grand frère. Zaid, l’ainé d’entre nous était parti avant ma naissance courir les routes, et personne ne le revit depuis. Il était réputé rêveur et pacifique, voire niais comme l’aimait à le définir Yanisse. Tout le contraire de lui-même belliqueux et autoritaire. En l’absence de Zaid, c’était lui qui devenait l’héritier du sultanat si notre père venait à mourir.

L’idée même que Yanisse devienne un jour le nouveau sultan me glaçait le sang. Je pris le partie de m’opposer à son point de vue, pas que j’appréciais particulièrement ce nouveau culte, mais le verbe d'AÏchatou, lors de nos escapades nocturnes, me revenait sans cesse, et je réutilisais mot pour mot ses propres paroles pour contrer les arguments plus que sommaires de l'imbécile qui me servait de grand frère.

Malheureusement, le charme qu’Aïchatou produisait sur moi ne touchait que peu mon père et ces conseillers, et ce dernier semblait garder une attitude sinon pacifiste, un positionnement neutre dans ce que devenait une réelle guerre civile dans l’Aire Mogrim. Au contraire, les arguments de Yanisse prenaient de jour en jour de plus en plus de poids à la cours des Akkadines.

Désespéré devant cette situation, je révélais à mes amis mon origine, et qui j’étais réellement. Après un premier choc, mes 3 amis me prirent dans leurs bras devant mon honnêteté, mais semblaient gênés. Ne comprenant pas, et après, quelques hésitations, Aïchatou ouvrit son cœur. Tous les trois le savaient depuis déjà bien longtemps. Ils avaient été missionnés, en tant que « Gardes Scorpions », de me suivre et m’espionner, et ce depuis de nombreuses années. J’étais choqué et me sentais trahi. Aïchatou me prit la main et m’argua le fait que leur amitié était sincère et leur opinion sur le culte dragon aussi. Ils m’expliquèrent qu’en tant que gardes scorpions, ils avaient la charge d’être les yeux et les oreilles du grand Mogrim. Ils me racontèrent qu’un ancien garde scorpion, le mystérieux Taran, disparu depuis de nombreuses années, était revenu et avait rallié le Nazir afin de développer le culte du dragon. Ils ne l’avaient pas rencontré, mais certains parlaient de lui, comme un être fabuleux. La garde scorpion, composée exclusivement de jeunes adolescents issus des classes populaires, tous, avaient rejoints le combat, par ferveur pour ce héros issu d'un milieu modeste, tout comme eux...

Ils me rassurèrent sur leurs fidèles amitiés et me mirent au parfum de l’arrivée imminente du grand Nazir. Celui si venait rencontrer en cachette mon père. Ils m’expliqueraient brièvement que mon frère Yanisse comptait ce soir la, prendre le pouvoir par la force, appuyé par des mercenaires financés par le conseil de la Cité Mogrim.

Je couru de tout mon souffle prévenir mon père. Mes amis essayèrent de m’en empêcher, mais je ne pouvais accepter cela. La nuit tombait, et la rencontre devait se faire une heure plus tard. Arrivé dans sa chambre, et devant lui, essoufflé, je lui narrai mon histoire. Il me regarda fixement pendant toute ma courte et chaotique prose sans broncher. Puis il me demanda de me retourner. Ne comprenant pas sa requête, je m’exécutai. En face de moi, se tenait un jeune homme, richement habillé, aux cheveux mi long. C’était le Grand Nazir ! Nizâr Al Mogrim en personne !

La porte s’ouvrit, et mon frère Yanisse rentra accompagner de gardes armées. Il vit Nizâr et tira son sabre de son fourreau. J'en fit de même pour l’empêcher de passer. Mon père hurla. Par réflexe, je me retournai subitement vers mon père et glissa au sol. Yanisse plongea vers Nizâr l’arme à la main. Mon bras fit un mouvement, un seul mouvement…

Il était au dessus de moi… mon cœur battait la chamade… il tomba à terre, les yeux vitreux… je serrai dans ma main mon sabre qui venait de lui ôter la vie… Un filet de sang glissait le long de la lame… Le corps s’effondra sur le sol carrelé. Je n’arrivai pas à en croire mes yeux… Qu’avais-je fait ?! Qu’avais-je fais ?!

Je venais de le tuer de sang froid. Je ne suis pourtant pas un assassin.

Je venais de tuer mon propre frère…

Deux jours plus tard, comme le voulait la tradition, le corps de mon frère fut inhumé dans le caveau familial en toute discrétion. Le fratricide n’est pas excusable dans le sultanat ; et on inventa une histoire d’assassinat, organisé par des mercenaires qui avaient pris la fuite. Mon père ne me regarda plus. Il ne souhaitait plus me parler. Mon cœur saignait…

Le grand Nizâr s’approcha de moi, et me tint ces paroles.

« Salim, tu es un jeune homme courageux. Tu m’as sauvé la vie. Malheureusement, par ton acte, aussi noble soit il, tu es devenu un paria au sein de ta patrie. Tu n’as plus ta place auprès de ton père dorénavant. » Je lançai un dernier regard vers mon père, qui pleurait devant la pierre tombale, et j’acquiesçai. « Salim, trop de sang a coulé dans l’Al Mogr. Nous devons arrêter de nous entredéchirer pour ces questions religieuses. Par cette guerre de culte, ton frère en a payé l’obole du sang, par ta lame, mais indirectement, par la mienne ».

Il me tendit la main

« Viens avec moi sur Kandorya. Accompagne-moi dans mon exil sur cette île. Tu resteras avec moi le temps qu’il faudra, tu seras mon protecteur ». Je saisit la main qu'il me tendait et la saisit .

« Grand Nâzir, je ne puis vous accompagner, ma famille et mes amis ont besoin de moi ici ». « Tu as plus besoin d’eux qu’ils n’ont besoin de toi. Mes fidèles gardes scorpions resterons au coté de ton père pour le protéger. La guerre n’est pas terminée. Elle ne fait que commencer. Si j’ai, par mon adoration pour le dragon, amené les braise de la haine sur le grand Al Mogr, le feu est déjà embrasé, et je ne saurais l’éteindre seul pour l’instant ».

J’embrassais mes amis, me retourna une dernière fois vers Aïchatou qui me fixait en larmes.

« Ne t’inquiète pas pour elle. Elle s’en sortira très bien. Et, qui sait ? Peut être la retrouvas tu sur Kandorya ? Cette île réserve bien des surprises, je te le garanti »