De Aux Savoirs de Kersis'kal
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Le pêcheur habile
1223 - ?
Identité
Nom: Le pêcheur habile
Lumière de Péloth l'Insondable
Chevaucheur de la tempête
Celui qui a parlé avec un Dieu,
Repousseur du Vide,
Maître ritualiste,
Fondateur et membre du Directoire de la CCRC
Race: Humain
Origine et Famille
Origine : Enclave de Siul Skeri
Originaire du Clan des Neuf Voiles
Allégeances
Membre de la CCRC
Membre du Clan des Neuf Voiles
Membre du Port
Rang & Renommée
Institutions
Prêtre de Rives Corail
Philosophie, foi et croyances
Lumière de Péloth l'Insondable
Prêtre d' Elia'Is Pragma
Hors-jeu
Compte wiki : Brisecous
Type: Personnage Joueur
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Archives
La page que vous consultez concerne un personnage, un groupe ou un territoire disparu.

Je suis le Pêcheur habile, Lumière de Péloth l'Insondable, Chevaucheur de la tempête, Celui qui a parlé avec un Dieu, Repousseur du Vide, Maître ritualiste, Fondateur et membre du Directoire de la CCRC. Je suis ici pour vous raconter une histoire incroyable, afin que les générations en gardent le souvenir. Cette histoire, c'est la mienne...

Chapitre I : Le commencement d'une nouvelle vie...

Je n'étais qu'un humble pêcheur sans Histoire et sans Faits d'Armes, un des plus humbles et insignifiants représentants de la célèbre Voile des Innommés du Clan des Neuf Voiles. J'arpentais les océans sur un frêle esquif avec mon camarade, en quête de poisson à ramener sur notre navis. Nous n'étions pas des membres renommés, ni même des membres respectés de notre Voile. Nous n'étions rien, de simples individus sans nom prestigieux. Le pêcheur habile et le rameur efficace, voilà comment on nous appelait. C'est un banal matin de printemps que tout changea, voilà deux ans...

Soudainement, la brume se leva. Dans notre modeste barque, à des lieues de notre navis, nous fûmes happés dans cette obscurité blanche et nous perdîmes notre cap. Une Voix se fit entendre dans nos têtes, grave, vibrante et profonde, résonnant en nous à tel point que nous crûmes devenir fous. Nous ne comprenions pas ce que la Voix nous disait, mais elle sonnait comme un appel irrésistible. Sans bien comprendre ce que nous faisions, nous saisîmes alors les avirons et nous mîmes à ramer, nous enfonçant encore plus avant dans la nasse opaque qui nous enserrait de toutes parts.

C'est alors que nous le vîmes : Un navire de la couleur bleue foncée des abysses, dressant haut dans le ciel ses deux mâts élancés et son pont aux formes gracieuses. Du moins avait-il dû se présenter ainsi, quelques siècles plus tôt, car le bâtiment avait souffert : La peinture, largement écaillée, montrait un bois encore solide malgré son âge avancé. Le mât principal était brisé, tandis que le second présentait des voiles comme usées par le temps plutôt que par les tempêtes. Il n'était pas très grand, ce navire, peut-être trente pas de long et dix de large. Sur son pont on pouvait observer plusieurs petites constructions qui s'appuyaient contre les deux mâts. Il s'agissait d'un mode de construction ancien, typique des Neuf Voiles, tel qu'on pouvait en voir sur les plus vieux navires du Clan ou sur les gravures des livres d'histoire. C'était miracle que ce vaisseau fantôme ait survécu aux tempêtes durant tout ce temps. Nous accrochâmes notre barque à une des barres conçues spécialement pour cela à hauteur de flottaison. Puis nous grimpâmes à l'une des échelles qui parcouraient la coque à intervalles réguliers : Ce navire avait été conçu pour accueillir des visiteurs.

Nous nous trouvâmes alors debout sur le pont, tremblants, les yeux écarquillés, quand la Voix reprit à nouveau, mais de façon moins primitive, plus intelligible à nous autres mortels, nous environnant de toutes parts : "Bienvenue sur mon navire-temple, enfants Innommés des Neuf Voiles. Bienvenue à vous, mes enfants pêcheurs et fils du péché. Nul ne se souvient de Moi parmi votre Peuple, nul ne m'honore plus depuis des siècles de votre temps. Tandis que je luttais pour votre survie, tandis que, m'éloignant un court moment, je vous confiais à votre propre responsabilité, voilà que le Grand Calmar vous obscurcissait l'esprit et vous faisait oublier votre Histoire. Et vous voilà qui errez sans but sur les Mers d'Orya, insouciants et futiles."

Mon compagnon lança dans un cri :"- Qui êtes vous ? "- Qui je suis ? Je suis Péloth l'Insondable, Fils de Sountada et Hyèmisthrée, Prince des Abysses, Seigneur du 36ème Dessous, Maître des Tréfonds et Porteur de Lumière. Et vous, vous êtes deux humbles pêcheurs de la Voile des Innommés. Deux anonymes, deux pauvres êtres sans intérêt qui n'ont jamais acquis de nom. Vous n'êtes rien, et n'appartenez à personne. Personne ne vous plaindra si vous disparaissez. Vous êtes vierges de toute influence, pas même suffisamment importants pour que le Gand Calmar se donne la peine de pervertir vos âmes. Pour ces raisons, et parce que les Innommés sont ceux en qui mes préceptes sont le mieux restés ancrés, désormais vous serez à moi. Vous serez mes disciples, vous ferez à nouveau fleurir le Culte oublié, et vous rappellerez à tous l'origine du Mal et la raison pour laquelle il touche le Peuple des Neuf Voiles.

Et tandis que poussés d'une ferveur encore jamais ressentie nous tombions à genoux, une lueur éclatante perça la purée de poix qui nous entourait, laissant entrevoir la silhouette et la gueule béante d'un énorme poisson-lanterne. La lumière nous vrilla le cerveau, et des souvenirs que nous ne possédions pas se mirent à inonder notre esprit d'émotions brutales : Des textes, des images, des sons, des odeurs même s'ancrèrent dans notre mémoire pour ne plus jamais en sortir...

A partir de ce moment, nous abandonnâmes tout ce que nous avions - à vrai dire pas grand-chose - pour nous consacrer au Culte. Ainsi que le grand Péloth l'Insondable l'avait décidé, je devins le Grand-prêtre, et mon collègue fut mon Acolyte. Nous fîmes notre possible pour retaper le navire et reconstituer peu à peu les bribes de ce Culte oublié. Les souvenirs implantés par notre dieu étaient parcellaires, difficiles à faire remonter à la surface ; mais en les associant avec les textes religieux à moitié mangés aux mites trouvés sur le navire-temple, nous parvînmes à compléter de nos propres écrits une bible antédiluvienne qui avait par miracle échappé à la désagrégation. Nous accostâmes sur plusieurs îles pour réparer et étudier. Le Dieu pourvut à nos besoins. Un an plus tard, nous étions prêts à commencer notre voyage, empreints de détermination et emplis de ferveur divine. Le brouillard se leva, et nous fîmes voile vers le lieu de réunion des Innommés. Nous visitâmes plusieurs navires amis durant notre voyage, répandant notre foi, quand survint la Bête Immonde...

C'est pendant le voyage que le Grand Calmar frappa, comme dans les légendes que nous avions tant consultées. Une tempête telle que nous n'en avions jamais vécue se mit à environner notre navire. On eut cru que des tentacules jaillissaient de l'eau pour mieux précipiter les vagues sur la coque de notre nouvelle demeure. Neuf jours et neuf nuits, nous luttâmes contre les intempéries, bravant la volonté du Dévoreur d'âmes et luttant pour la survie de notre Culte. Comment nous tînmes aussi longtemps sans dormir et sans manger, nous consacrant aux manoeuvres navales, je ne saurais le dire ; nul doute que Péloth nous avait en Sa sainte Garde. La neuvième nuit, néanmoins, était une nuit de Grande Fatigue : Sountada, épuisée par son combat incessant, ne veillait plus dans le ciel. Le Grand Calmar prit de la force et il désagrégea le bateau usé par les ans, nous précipitant dans le tumulte des eaux furieuses.

Je me réveillai quelques jours plus tard sur un navire Mascaret. De mon Acolyte, aucune trace. Mes cousins et cousines m'avaient repêché au milieu des débris épars de ce qui avait été le dernier temple de Péloth. Nul doute que le Dieu les avait placés sur mon chemin. De la catastrophe, bien peu de choses avaient survécu : Le livre de Culte que je tenais entre mes doigts crispés, le reliquaire de la Sainte phalange de Goduroh le Crapaud, avatar de Péloth, un étendard brisé du Culte. Il était désormais évident que Péloth - puisse sa Lumière briller éternellement - m'avait protégé et sauvé, jusqu'à me faire échouer sur ce navire, sur lequel je convertis mes premiers fidèles : Un jeune écuyer des Baronnies de Soriak et trois camarades Innommés. Les Mascarets se dirigeaient vers une terre promise nouvellement découverte, l'île de Kandorya. Je décidai de rester en ce lieu pour répandre la bonne parole. J'espérais, en mon fort intérieur, que mon Acolyte avait survécu, quelque part, et continuait son chemin de son côté.

Chapitre II : Désillusions et Illusions

Investi de ma mission sacrée, un feu ardent brûlant pour la première fois dans mon âme et dans mon coeur, je débarquai sur Kandorya en ce premier jour de la Foire d'Edenorya de 1251. Plein de mes illusions, je pensais que convertir ce nouveau territoire à la foi de Péloth serait facile. Après tout, j'avais été Inspiré, le Dieu se penchait sur mon épaule, et j'apportais l'espérance et le renouveau dans notre monde dévasté par le Mal. Nul n'est cependant plus aveugle que celui qui ne veut pas voir. Une multitude de Dieux étaient révérés par la multitude de peuples présents pour l'occasion. Et qui se préoccupait d'un Dieu inconnu et de son prêtre vociférant ? Personne...

La Foire d'Edenorya fut riche en enseignements. J'y perdis mes propres Illusions, mais j'appris à lutter contre celles du Malin. Je découvris que la force de ma Foi ne se reconnaissait pas dans le nombre de mes fidèles mais dans la Force de mes actions. Je fus menacé d'être brûlé vif par les fanatiques d'Aëthéor, ce qui décilla mes yeux quant à mon propre fanatisme. Je repoussai le Vide en aidant mes nombreux camarades de combat, sauvai un de mes fidèles du Marasme dans lequel avait sombré son Âme. Je fis la connaissance de l'honorable Elia'Is, Reine de Kandorya. Et je vis qu'il y avait de bonnes choses en ce monde, des choses qui méritaient qu'on se batte pour elles.

Je me retrouvai ainsi Prêtre de la Reine en plus d'être Prêtre de Péloth, et j'officiai dans la petite chapelle que la Reine nous avait fait construire en notre Fief de Rives-Corail. Sûr de ma Foi, de ma Place en ce monde, et libérant peu à peu mon coeur de sa Peur et du Mal qui nous ronge tous, j'aurais pu vivre une vie paisible. Donner des messes, conseiller mes fidèles et honorer les Dieux qui veillent sur notre peuple aurait pu me suffire. Mais c'était sans compter sur un évènement imprévu. Un évènement qui fit basculer une nouvelle fois ma vie vers l'Inconnu et l'Aventure.

Chapitre III : Seul un Marchand peut connaître sa propre Valeur

(Partie commune avec le "background" de Malhakam

Alors que le Pêcheur habile, Lumière de Péloth l'Insondable, Chevaucheur de la tempête, Celui qui a parlé avec un Dieu, Repousseur du Vide, Maître ritualiste entrait comme à son accoutumée pour préparer la messe de l'après-midi, il aperçut un voyou en train de dérober l'argenterie posée sur l'autel. "Que fais-tu là, nom de Péloth, sors immédiatement d'ici ou par tout ce qui m'est sacré, tu subiras le courroux de la Reine !" L'homme-loup répondit en se retournant, tenant la statue en bronze de la reine par le fessier : "Non, mais je la dépoussiérais juste un peu !" Le prêtre s'emporta, hurlant à qui voulait l'entendre - c'est-à-dire pas grand-monde - "Tu oses profaner la statue de la Reine ? Misérable chien galeux ! Tu vas..."

Le prêtre n'eut jamais le temps de finir sa phrase, car l'homme-loup avait vu rouge de se voir affublé d'une insulte canine : En un instant, le masque de l'homme sembla devenir un fer brûlant : En hurlant, il se jeta au sol, se dissimulant derrière les bancs qui emplissaient la nef. Le silence s'abattit sur la chapelle. L'homme-loup dans un grand rire lâcha son allumette et se dirigea vers la sortie. Tandis que Malhakam passait près de l'endroit où le prêtre avait chu, à peine eut-il le temps de tourner la tête, qu'une rafale de vent brutale l'envoya s'écraser contre les bancs d'en face, qui se brisèrent sous son poids. S'ensuivit une bataille effrénée qui ne cessa que quand les deux hommes, épuisés, entourés de ce qui était précédemment une chapelle en bon état, se retrouvèrent assis par terre avec chacun une partie de la statue d'Elia'Is.

Haletant, le religieux se tourna vers l'homme-loup, tandis qu'au-dehors les clameurs de la garde accourant au galop se faisaient entendre : "Donne-moi seulement une bonne raison pour que je ne les laisse pas t'abattre sur le champ pour avoir profané ce lieu sacré". L'homme-loup d'un bond lui posa alors sa dague sur les parties : "Voici une bonne raison." Le prêtre haussa les épaules et dit : "Assurément, cela ne va pas arranger les choses. Quant à ta bonne raison, je vois que tu ne connais pas notre peuple si tu crois que nous cédons à ce genre de menace."

Sur cet échange civilisé entre deux personnes pleines de bon sens, les vestiges de ce qui était précédemment une porte en chêne s'abattirent lourdement au sol, soulevant un nuage de poussière. Un homme en armure de cuir, armé d'une épée courte, le visage couturé de cicatrices, entra en beuglant : "Non mais c'est quoi ce bordel à la fin ! Prêtre de pacotille ! On t'avait dit d'arrêter avec les rituels ! Ca fait la 3ème fois que je viens ce mois-ci ! Tu crois qu'on a que ça à faire de réparer la chapelle ?"

Furieux, le prêtre se releva en écartant d'une main distraite l'arme de l'homme-loup, qui resta assis sur le sol, interloqué. "Espèce de Féole borné ! J'essayais de trouver un moyen d'invoquer Péloth afin de lutter contre le Vide, ce séide du Grand Calmar ! Qu'est-ce que j'y peux si le Fief de Rives-Corail ne me donne pas les moyens de faire un rituel correct !"

Les deux Ennéens échangèrent une suite d'amabilités fleuries en Ecumel qu'il serait malséant de retranscrire ici. Finalement, le Féole exaspéré hurla : "C'en est trop ! Cette fois-ci, t'es bon pour le trou. Ca te fera les pieds, et le temps que tes amis viennent te sortir de là, t'auras peut-être pris un peu de plomb dans la tête !"

La Garde embarqua le Prêtre vociférant et l'homme-loup qui criait à tort et à travers : "Non mais j'étais là pour aider, y'avait des tentacules !"

Un mois et demi plus tard, la porte de la geôle s'ouvrit enfin. Les Féoles sont réputés pour leur système carcéral, mais pas vraiment pour la tenue de leurs registres. Le Gardien avait oublié d'inscrire la date de sortie, et il est entendu que des détenus ne sont pas pris au sérieux quand ils affirment ne pas être là pour un crime grave... C'est avec - fait exceptionnel - les excuses d'un Féole que les deux hommes - enfin l'homme et demi - sortirent de prison, couverts d'ecchymoses mais bras-dessus, bras-dessous.

Le mois et demi de prison avait dû mettre un peu de plomb dans la tête de ces deux énergumènes, car c'est vers le Concile de Rives-Corail, juste après la taverne, que les deux désormais amis se dirigèrent. Ils en étaient venus à la conclusion que l'homme-loup devait arrêter de se comporter comme un malandrin, et que de son côté le prêtre devait arrêter de croire que les rituels servaient à quelque chose. C'est ainsi qu'ils décidèrent de mettre sur pied la CCRC afin de changer le monde, rien que ça...

La plus grande Compagnie Commerciale que le monde aurait jamais connu allait bientôt voir le jour, et tout ça grâce à la profanation - certes involontaire - de la chapelle de la Reine... *

  • Nous tenons à rassurer nos aimables lecteurs fidèles croyants de la Reine Elia'Is : La destruction quasi-complète de l'intérieur de la chapelle fut l'occasion de redécorer l'intérieur de la Reine, il faut dire que le décorateur précédent avait vraiment mauvais goût !